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Sep 11

Soirée: Violences Histoire Colombie


Table ouverte à l’Espace des diversités et de la laïcité, Toulouse, le lundi 9 octobre 2017, de 18h à 22h.


 

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Soirée organisée par  l’association de solidarité internationale France – Guajira, Colombie –  Crear escuela / Faire l’école

« Violences, Histoire, Colombie. Pour rétablir la paix faut-il faire absence de l’Histoire ? ». Absence de l’histoire que nous ne cessons de vivre dans notre travail de plusieurs mois chaque année depuis 2014, en Guajira mais aussi dans d’autres régions. Une question qui dépasse aussi largement le seul champ de la Colombie…

Pour rétablir la paix faut-il faire absence de l’Histoire?

Nous sommes en violences, nous sommes en manque de perspectives, en manque de mots pour dire, en manque de parole vivante et vibrante, efficace pour chacun et qui chemine librement dans nos vies… Le travail d’Histoire est aussi cela : un moyen de dévisager cette hantise, avec la froide exactitude qu’exigent « les temps cassants ».

« On écrit l’Histoire comme le chasseur traque sa proie, il arrive après coup, il scrute au sol les traces abandonnées, il en déduit que quelqu’un est passé par là ». Patrick Boucheron, l’Entretemps.

Préambule… d’où vient ce projet : Depuis maintenant cinq ans, nous, Liliane et Claude Bernhardt, vivons et travaillons plusieurs mois par an en Colombie et plus spécialement dans la Guajira. Nous y sommes confrontés quotidiennement à des cultures, celle du peuple indigène Wayuu, celle des Colombiens dans ses diversités régionales et à des modes de vie. Nous ressentons et comprenons peu à peu ce qui dans les premières années nous apparaissaient comme des comportements généraux ; difficultés à communiquer ou au contraire grande aptitude à l’accueil, faculté d’être joyeux malgré les difficultés de la vie.
« Il faut sourire et dire oui mais jamais non », « ne jamais parler politique », telles pourraient être les injonctions auxquelles chaque Colombien doit se plier sous peine de paraître impoli. « Il faut rester fier et revendiquer son «indigènéité» tout en étant dans la dépendance totale aux organisations humanitaires locales ou étrangères », telle pourrait être celle des Wayuu.

Peu à peu, au fil des mois et des ans, ces caricatures et apparences premières se fissurent dans notre regard et notre compréhension, la réalité se complexifie, nos compréhensions évoluent, se transforment, deviennent provisoires et pourtant nécessaires pour continuer à vivre là-bas.
Les questions : Comment vivre et travailler dans une société où la conscience sociale est d’une très grande fragilité ? Où un pays n’est pas vécu par ses habitants comme étant une nation mais une juxtaposition de territoires ? Où l’histoire, la philosophie, la géographie ne sont enseignées que dans quelques universités et lycées des trois grandes villes : Bogotá, Medellín, Cali ? Où la conscience d’être un citoyen est presque totalement absente ?

Les causes possibles de ces violences ?

L’absence d’identité nationale due en grande partie à des causes géographiques et de mobilité d’un territoire à l’autre. La violence comme ordre social, comme destin d’un pays et de ses habitants et qui n’a cessé de sévir pendant deux siècles (sans compter la Conquête, l’écrasement de la presque totalité des peuples indigènes, l’esclavage des noirs) et qui sévit encore dans le processus de paix à l’oeuvre aujourd’hui. Guerres d’indépendance, guerre des 1000 jours, guerres civiles, terrorismes d’État, de mouvements d’opposition, des paramilitaires, des grands propriétaires terriens, des industries extractives et multinationales. La terreur, les intimidations, les tortures, les massacres, les délations,… Les déplacements et exils de populations (les déplacés estimés aujourd’hui à près de six millions de personnes). Le silence des victimes comme des bourreaux (et pour beaucoup l’un et l’autre), l’absence de récits individuels et collectifs permettant de construire une et des mémoires communes. La corruption comme système social, économique et politique.

SYNOPSIS DE LA SOIREE TABLE OUVERTE

Un parcours à plusieurs propositions de regards autour d’une même problématique : en Colombie le travail et l’enseignement de l’Histoire sont réservés à très peu de gens. La violence, les violences semblent avoir écrasé les tentatives d’approche historique pour le plus grand nombre. Le travail mémoriel est en cours, il peut se développer sur encore plusieurs années. Qu’elles sont les conséquences d’un tel manque ? Cette question a été posée et l’est encore pour nombre d’autres pays et continents, elle n’est pas étrangère à celui européen. Qu’elle perspectives, même incertaines, même difficilement formulables, sont expérimentées, pratiquées ?

Chaque proposition donnera lieu à échanges avec le public. Et la présence d’une librairie avec des ouvrages qui traitent de la problématique, y compris au-delà de la situation latino américaine. Sans oublier tapas et boissons pour collations réparatrices.

Entrée gratuite, libre participation aux frais plus que souhaitée.

18h à 19h – Lecture Théâtre
Lecture à quatre voix d’une forme brève, Siècle chien / Perro Siglo.
Une écriture de Claude Bernhardt en réponse à une commande du Teatro Sol naciente de la Guajira, collectif théâtral créé en 2016 et en partenariat avec Crear escuela / Faire école et le Comité cívico por la Dignidad de la Guajira. Cette brève interroge l’absence de parole pour dire les violences extrêmes vécues par des Colombiens.

19h à 20h – Cinéma
Impression d’une guerre / La impression de una guerra, film documentaire (27 mn) de Camilo Restrepo, sous-titrage français. Avec leurs rythmes énergiques et des images en mouvement rapide, le cinéaste met en reflets les images d’une guerre dans la vie quotidienne des Colombiens. Grâce à des tatouages, des papiers journaux mal imprimés, des vidéos de réseaux sociaux, Carlos Restrepo propose une esthétique audacieuse. Prix 2015 du meilleur court métrage aux festivals de Carthagène et de Locarno. Partenariat ARCALT Cinélatino.

20h à 21h – L’Histoire et son enseignement
Avec Laurent WIRTH, historien. Intervention sur les problématiques Mémoire/Histoire et le travail de l’histoire non comme parole instituée et instituante, récit globalisant, mais comme fissure, comme pli et monade qui expriment la totalité du monde et une parcelle de celui-ci. Seront aussi questionnés les liens entre le pouvoir politique et l’histoire et plus particulièrement dans son enseignement.

21h – L’Histoire dans les rues, sur les murs, dans la ville
Chansons populaires de la période de la Violencia, avec Aude Xavier et Ramiro Moreno.
Oscar Gonzàlez GUACHE (www.guache.co), artiste visuel et muraliste colombien. Avec la participation de la galerie Zun Zun à Toulouse.

 

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