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Sep 14

Mexique : le mouvement étudiant se lève


Depuis fin juillet, en pleine transition politique, la colère se répand parmi les étudiants du Mexique et avec celle-ci les assemblées, la grève et les manifestations : le fonctionnement antidémocratique de l’université, le manque de ressources, la menace d’imposition de frais d’inscription et enfin les agressions de groupes violents, connus comme les groupes « porriles », ont mis le feu aux poudres.


Avec la plupart des centres qui font partie de la Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM) en grève, ce mercredi 5 septembre, 200.000 étudiants manifestaient à Mexico et avant de se rassembler devant le Rectorat de l’université. À l’origine de cette colère massive, un énième geste antidémocratique du côté des autorités universitaires du Colegio de Ciencias y Humanidades (CCH) Azcapotzalco : l’effacement, fin juillet, des peintures murales qui, réalisées par les diverses générations d’étudiants, rappelaient des évènements politiques comme la disparition forcée des 43 étudiants de la Escuela Normal Rural Isidro Burgos en 2014.

Cette attaque des autorités universitaires, qui s’est produite dans un contexte de menace d’imposition de frais d’inscription et d’un fort manque de ressources, est à la base de la première assemblée du mouvement. Dans ce cadre, les étudiants du CCH Azcapotzalco ont décidé de refaire les peintures murales et de relancer des revendications contre le fonctionnement antidémocratique de l’université et pour l’éducation publique et gratuite. Jusqu’à ce moment-là, le mouvement restait restreint au CCH. Cependant, quelques semaines plus tard, le 3 septembre, dans la continuité de leur campagne, les étudiants du CCH, rassemblés devant le Rectorat, étaient brutalement agressés par les groupes « porriles » qui agissent au service des autorités universitaires et des partis du patronat ». Bilan : 14 étudiants blessés dont 2 risquant de perdre la vie.

C’est à partir de ce moment que, poussée par la condamnation des groupes « porriles », la mobilisation dépasse le cadre du CCH et réveille la solidarité du reste des centres de l’UNAM et d’autres universités tout en relançant un mouvement étudiant comparable à celui de la grand lutte universitaire de 1999.

Au Mexique, la lutte pour le démantèlement des groupes « porriles » a toujours été liée à la remise en cause du régime universitaire et de l’Etat. Ceux qui financent et protègent ces groupes sont les mêmes qui précarisent les conditions de travail du personnel, qui versent des salaires élevés tout au long de leur vie aux autorités universitaires et qui favorisent la privatisation et l’élitisation de l’université.

Le président élu López Obrador, qui prendra ses fonctions le 1er décembre, devra faire face à une crise qui risque de saper son gouvernement dès le début. Tandis qu’il a promis l’accès à l’éducation et aux bourses à tous les jeunes, il négocie avec les employeurs qui exigent l’imposition des frais d’inscription dans les universités.

Ce mouvement au Mexique s’inscrit dans la vague de renouveaux de la mobilisation étudiante en Amérique Latine. Ainsi, en Argentine, contre les plans d’ajustement structurels, des étudiants et professeurs ont manifesté sous le slogan « Education, oui. FMI non. » revendiquant une université ouverte à toutes et tous, tandis qu’au Nicaragua, le mouvement étudiant, à l’avant-garde des mobilisations contre les réformes d’Ortega, subit une répression brutale.

 

Source: Révolution Permanente

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