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Jan 21

Le Haïti en rébellion, le pays ne veut pas voter ce 24 janvier


Le second tour des présidentielles haïtiennes doit avoir lieu dimanche 24 janvier, mais la colère monte face à un processus électoral entièrement biaisé, dans un pays occupé militairement par l’ONU avec la bénédiction des Etats-Unis.


Photo: Révolution Permanente

En France, la presse a parlé d’Haïti lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Depuis silence radio. L’indignation a été de courte durée. La mascarade humanitaire a servi de prétexte à une occupation du pays par les casques bleus sous le patronage de Washington. Une grande partie de l’aide financière a été détournée et les plaies de la catastrophe sont encore béantes. Des milliers de déplacés n’ont toujours pas retrouvé un habitat décent. La précarité est généralisée et la situation sanitaire des familles relogées dans des structures temporaires est des plus préoccupantes…Le temporaire peut durer longtemps et une grande partie des Haïtiens en a plus qu’assez de la flicaille de la MINUSTAH (Mision des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti). Présents depuis 2004 pour contrôler une population contrainte à d’énormes sacrifices, les casques bleus sont aussi chargés de « sécuriser les élections » aux côtés de la Police Nationale d’Haïti (PNH) pour mieux faire taire toute contestation.

« Nous n’allons pas voter, nous sommes en rébellion », « Dimanche, on n’ira pas voter, on aura nos machettes et des pierres ! », « Tuez Opont, Martelly et arrêtez Obama ! », tels étaient les slogans que l’on pouvait entendre lors des manifestations de lundi et mardi qui ont réuni plusieurs milliers de personnes à Port au Prince contre la tenue des élections dimanche. Opont, c’est le président du Conseil Electoral Provisoire, détesté parce que corrompu jusqu’au cou. Martelly, alias Sweet Micky, qui n’a de doux que le surnom, c’est depuis le 14 mai 2011 le président de la République d’Haïti. Son élection avait déjà été très largement contestée à l’époque. Cinq ans après, la colère est d’autant plus forte.

Alors bien sûr, l’opposition essaye de se placer à la tête de la contestation contre la tenue des élections, mais les manifestations de cette semaine, qui font suite à celles de l’automne 2015, en marge du premier tour des élections, sont loin de se réduire à un désir d’alternance politique. C’est aussi une classe politique corrompue et l’ingérence des impérialistes – au premier rang desquels, les Etats Unis – qui sont dénoncés. Lors du scrutin du 24 janvier, Jude Célestin, le leader du parti d’opposition LAPEH (Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haïtienne) était censé faire face à Jovenel Moïse, le candidat soutenu par le président. Face au rejet croissant des élections dans la population, il a annoncé qu’il se retirait du second tour et n’a pas hésité à parler de « farce » électorale. Face à cette crise politique, le Conseil Electoral Provisoire semble vouloir maintenir vaille que vaille les élections…avec pour seul candidat celui de l’exécutif.

 

Édition : Evelin Flores
Sources: Révolution Permanente

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