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Jan 13

Le gouvernement mexicain a arrêté pour la 3ème fois « El Chapo » mais n’a pas encore trouvé les étudiants d’Ayotzinapa


Au bout de six mois de cavale, après s’être évadé de la prison de haute sécurité dans laquelle il était incarcéré, le célèbre baron de la drogue mexicain Joaquín « El Chapo » Guzmán a été arrêté à nouveau par les forces de sécurité. La nouvelle a été annoncée vendredi 8 janvier par le président mexicain, Enrique Peña Nieto, depuis son compte tweeter et présentée comme une réussite du gouvernement : « mission accomplie ».


Photo: Révolution Permanente


Vendredi 8 janvier, le président Enrique Peña Nieto a annoncé que le narcotrafiquant le plus puissant du pays avait été arrêté une troisième fois. Grâce aux réseaux de corruption qui sont à l’œuvre dans les hautes sphères de la classe politique et militaire du pays, le baron de la drogue avait déjà réussi à s’évader d’une prison de haute sécurité à deux reprises, d’abord sous la présidence de Vincente Fox, puis en juillet dernier.

L’évasion d’El Chapo n’était que le dernier des coups durs encaissés par le gouvernement de Peña Nieto déjà mis à mal par la crise ouverte par la disparition des 43 étudiants d’Ayotzinapa, avec la complicité de la police et de l’armée, et une série de scandales de corruption.

La nouvelle de l’arrestation d’El Chapo est une importante bouffée d’oxygène pour le gouvernement de Peña Nieto. La disparition des étudiants d’Ayotzinapa tout comme la fuite d’El Chapo avaient miné la légitimé du gouvernement et des forces de répression de l’État mexicain. Le gouvernement espère se relégitimer en présentant cette nouvelle comme une grande victoire à travers une large campagne de communication.

Cette arrestation advient quasiment dix ans après le début de la « guerre contre le trafic de drogue » et la militarisation du pays qui a fait plus de 200 000 victimes, des dizaines de milliers de disparus et autant de déplacés.

Les scandales de corruption à répétition, le ralentissement significatif de l’économie, la dépréciation incessante du peso mexicain par rapport au dollar, la chute du cours du pétrole et le refus faire toute la lumière sur certains meurtres, sur les enlèvements et la disparition des étudiants d’Ayotzinapa avaient jeté un discrédit sur le gouvernement de Peña Nieto. La fuite du Chapo avait fait le reste. L’Exécutif espère par conséquent que l’arrestation du narcotrafiquant restaurera sa crédibilité alors que le pays s’apprête à vivre plusieurs séquences électorales cette année. L’enjeu serait ainsi de dévier l’attention des grands problèmes auxquels le pays est confronté.

Néanmoins, l’annonce de la capture du plus connu des barons de la drogue ne suffira pas au gouvernement pour jeter un écran de fumée sur les problèmes auxquels ont à faire face les Mexicains. Les inégalités et le coût de la vie n’ont pas disparu, pas plus que le ras-le-bol populaire contre les réformes voulues par le gouvernement, contre les féminicides, la militarisation du pays et les attaques contre les travailleuses et les travailleurs des maquiladoras des Etats du Nord du Mexique.

 

Infos de l’émission du 13 janvier 2016
Édition : Evelin Flores
Sources: Révolution Permanente

Lien Permanent pour cet article : https://www.frequences-latines.com/le-gouvernement-mexicain-a-arrete-pour-la-troisieme-fois-au-chapo-mais-na-pas-encore-trouve-les-etudiants-dayotzinapa/

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