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Juin 01

Le coup d’État au Brésil aurait mis fin à l’enquête Car Wash


Le 23 mai 2016 le Brésil s’est réveillé aux bruits de conversations secrètes et vraiment choquantes, impliquant un ministre clé dans le gouvernement nouvellement installé au Brésil, qui éclairent d’un jour nouveau les motifs des participants à la mise en accusation de la présidente démocratiquement élue du pays, Dilma Rousseff. Les transcriptions de ces conversations ont été publiées par le plus grand journal du pays, Folha de São Paulo, et révèlent des conversations secrètes qui ont eu lieu en mars, quelques semaines avant le vote de destitution de la chambre basse. Elles mettent en lumière un complot explicite entre le nouveau ministre de la Planification (alors sénateur), Romero Juca, et l’ancien dirigeant de la compagnie pétrolière, Sergio Machado – qui sont tous deux des suspects officiels dans l’enquête de corruption dite Car Wash. Ils tombent d’accord, lors de cette discussion secrète, sur le fait que la destitution de Dilma est le seul moyen de mettre fin à l’enquête de corruption qui les touche. Les conversations portent également sur le rôle important joué, dans l’élimination de Dilma, par les institutions nationales les plus puissantes, y compris – le plus important – les chefs militaires brésiliens.


Photo: Notas

Ces transcriptions sont remplies de déclarations profondément incriminantes sur les objectifs réels de la mise en accusation, et qui était derrière elle. Le point crucial de ce complot est ce que Juca appelle «un pacte national» – impliquant l’ensemble des institutions les plus puissantes du Brésil – pour laisser Michel Temer en place en tant que président (malgré ses multiples scandales de corruption) et pour étouffer l’enquête de corruption, une fois Dilma destituée. Selon les mots rapportés par le journal Folha, Juca explique clairement que la mise en accusation va «mettre fin à la pression des médias et d’autres secteurs pour poursuivre l’enquête Car Wash». Juca est le chef du parti de Temer et l’un des trois plus proches confidents du président par intérim.

On ne sait pas qui est responsable de l’enregistrement et de la fuite de cette conversation de 75 minutes, mais Folha rapporte que les fichiers sont actuellement entre les mains du procureur général. Les prochaines heures et jours verront probablement des révélations supplémentaires qui éclaireront différemment les implications et la signification de ces transcriptions.

Les transcriptions contiennent deux révélations extraordinaires qui devraient conduire tous les médias à envisager sérieusement d’utiliser le mot coup d’État pour qualifier ce qui s’est passé au Brésil, un terme que Dilma et ses partisans ont utilisé pendant des mois. Lors de cette discussion au sujet du complot pour destituer Dilma comme moyen de mettre fin à l’enquête Car Wash, Juca a précisé que l’armée brésilienne soutient une telle décision : «J’ai parlé aux généraux, aux commandants militaires. Ils sont d’accord avec nous, ils ont dit qu’ils allaient le soutenir.» Il a également dit que l’armée «surveille le Mouvement des Travailleurs sans Terre» (Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra, ou MST), le mouvement social des travailleurs ruraux qui soutient les efforts du Parti des Travailleurs sur la réforme agraire et la réduction des inégalités et qui a mené les manifestations contre la destitution de Rousseff.

 

Infos de l’émission du 01 juin 2016
Édition : Evelin Flores
Sources: Mondialisation.ca

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